Monday, August 08, 2005

Elections: Le Jour J

Ce 8 août va être d'après moi un jour haut en couleurs. Nous allons découvrir si le parti Lavalas va se présenter aux élections ou non. Vu les dissenssions internes et la guerre des mots entre les lavalassiens locaux (Feuillé, Gilles, Hérivaux) qui sont prêts à se lancer dans la bataille et les aristidiens d'outre-mer (Maryse Narcisse et Jonas Petit) qui rejettent catégoriquement toute participation tout autant que le retour physique du chef à vie du parti n'aura pas lieu, il est certain que l'atmosphère sera surchauffée chez les partisans de notre ex-Pol Pot.

Du côté local, nous savons plus ou moins à quoi nous en tenir. K-Plim a le vent en poupe et semble être bien organisé. Pourra-t-il faire oublier ses jours de magistrats de 2ème classe et son zèle pro-aristidien ayant conduit à l'incendie de l'ancienne cathédrale? Ce qui est frappant est l'incapacité de certaines grosses gorges de pouvoir réunir cinq mille signatures - comme Himmler Rébu, Hubert de Ronceray, Reynold Georges et Déjean Betizè, pardon Bélizaire. Comment? Vous prétendez être des grands hommes politiques et vous êtes incapable de rallier à votre cause 0,11% des électeurs? Incroyable. Le MOCHRENA a passé des moments difficiles avec le CEP, mais le parti de Luc '"dieu est mon pilote" Mésadieu a pu traverser le cap. Nous ne parlerons même pas des mille autres candidats qui ont le support de leur épouse et enfants uniquement. Ils méritent d'être flagellés pour stupidité.

La rupture entre Claude Roumain et le gang à Daniel Supplice, ex-futur ministre brièvement consacré à Belot, n'augure rien de bon pour leur formation. Et que dire de ce fameux Parti Libéral dont la vie éphémère aura duré moins longtemps que celle d'une luciole? Encore un exemple de manque de vision. En tout cas, ils sont mal barrés, nos amis des élites financiero-intellectuelles.

Allons-nous voir le Groupe des 184 se révéler pour ce qu'il est vraiment, un parti politique bourgeois ayant revêtu pour la circonstance l'habit populiste de la société civile? Nous l'apprendrons lorsque le CEP nous fera savoir si Charles-Henri Baker aura déposé les documents de sa candidature ou pas. Cet intrépide membre de l'ex-opposition aurait décidé de se lancer à la dernière minute dans la course au fauteuil du Champs de Mars. Ala traka, papa!

Et que dire des candidats malheureux de notre diaspora qui, semble-t-il, n'ont pas obtenu l'aval du CEP? Serait-ce encore une fois un rendez-vous manqué pour les représentants de notre "vache à lait" qui dépensent beaucoup pour le pays, supportent par tous les moyens leur patrie d'origine, mais se font couillonner à chaque fois qu'ils réclament leur place dans notre faune politique? En tout cas, nous savons que le futur ex-candidat Joel Borgella de NY (Joel qui????) a obtenu une fin de non-recevoir et est reparti tout penaud à New York. Au moins, il a son émission de radio. Quant à notre très cher Bonivert Claude - ancien gouverneur de la banque centrale et grand magouilleur devant l'Eternel (TEVASA, ça vous dit quelque chose?) - il semblerait que les réunions de comité dans sa résidence de Floride ainsi que ses dizaines de partisans n'aient pas suffi à le rendre populaire. Mais il peut toujours se présenter en indépendant. Et pour terminer, le suspense plane toujours sur la candidature du gwo zotobwe du Texas, Dumarsais Siméus, qui serait dans nos murs depuis hier après-midi selon une source sûre de l'aéroport qui me l'a confirmé. Comme j'avais des problèmes avec mon Haitel (rien de nouveau quant au bas niveau de service que cette compagnie offre), je n'ai pas eu le temps de savoir s'il était accompagné d'un grand entourage (vous savez comment sont nos candidats américains) ou non. Le seul a avoir pu tirer son épingle du jeu semble être Samir "Je ne suis pas fou" Mourra qui aurait obtenu l'aval du CEP. Mais ces derniers savent-ils qu'il a un passeport américain, ou aurait-il trouvé la fameuse formule pour contourner notre très controversée Constitution de 1987?

Enfin, on verra. A propos, la constitution est-elle en veilleuse ou pas?

Aujourd'hui nous promet des surprises. Beaucoup, j'espère. Il nous faut un peu d'humour pour égayer la vie plutôt lassante à Port-au-Prince ces jours-ci.